Les violences tranquilles des élus de campagne

Alors que les gilets jaunes appellent à l’insurrection armée pour changer de République, sans doute est-il bon de se pencher sur les motivations profondes de tous ces gens qui travaillent… et qui en ont marre. Mais de quoi exactement ? A travers plusieurs articles, et en prenant soin de toujours vous apporter les preuves des propos tenus, je vais essayer de vous dévoiler les raisons d’une colère populaire tout à fait compréhensible.

Pour moi, cette colère est le résultat d’une violence silencieuse, pernicieuse, résultat de la bêtise et de la veulerie intellectuelle de certains de nos élus. Cette violence est ressentie par chacun de nous, parce qu’elle a des conséquences directes sur nos vies, et principalement sur notre pouvoir d’achat.

Notre village, comme ceux autour ne fait pas exception : ceux dont les actions sont motivées par le bon sens sont souvent confrontés à des murs de démagogie. Explications.

L’obstination à conserver des écoles vides contre vents et marées

Le mythe du village avec son école a la vie dure. Tous les maires vous le diront : un village avec une école, c’est un village qui vit. Sur cette « bonne » idée, on construit de toutes part des SIVOS éducatifs. Il en a été ainsi de notre côté. Pagny-le-Château a réussi a faire construire, aux frais des autres communes principalement, un bâtiment scolaire tout neuf. Pourquoi dis-je aux frais des autres communes ? Parce qu’une décision de 2015 a sommé Pagny-le-Château de participer aux frais de transports scolaires des enfants des autres communes. Monsieur Chossat avait eu la bonne idée de prétendre que, puisque le SIVOS était sur ses terres, les enfants de son village n’avaient pas besoin des transports scolaires pour y accéder… et donc pas besoin de payer! On sent bien dans cette décision la motivation profonde de cet élu : enrichir sa commune au détriment des autres.

Non seulement les autres communes financent un bâtiment que Pagny le Château n’aurait jamais pu se payer sans elles, mais Chossat refuse de participer aux frais indispensables pour faire vivre cette école : amener des élèves! Quand on veut le beurre et l’argent du beurre… Heureusement la préfecture est vite venue rétablir le droit Républicain dans l’esprit de cet élu peu solidaire.

Cela dit, cette école, coûte à Labruyère, chaque année entre 25 000 et 38 000 euros. Pensez-vous que l’actuelle équipe s’en soit souciée au moment du vote des statuts ? Bien sûr que non, au contraire, ils étaient pour ce SIVOS. L’ancien maire fut le seul à s’opposer à ce projet dément. Que n’a-t-il entendu : menace de manifestations dans le village le soir même des élections. Mais peut-on lutter contre la bêtise ? S’opposer à une école, vous n’y pensez-pas! Et pourtant, voici la vérité :

170 000 € / an pour un SIVOS d’1 298 555 €

Cette école coûte à toutes les communes qui y participent, dans des sommes équivalentes à celles de Labruyère. Une véritable fortune! 170 000 € par an pour financer une construction qui aura coûté 1 298 555 € ! Pendant ce temps, les élèves de la région sont éclatés entre le SIVOS de Pagny et les écoles de Seurre… . Et de chaque côté, des classes ferment et fermeront encore. On ne donne pas cher de certaines classes du SIVOS au rectorat dijonnais pour la rentrée 2019, semble-t-il… et également de certaines classes à Seurre. Labergement n’est pas mieux loti.

Labergement Lès Seurre – Conseil municipal du 23 février 2017

Au final tout le monde y perd : les enfants de Pagny seront déplacés tôt ou tard dans les classes de Seurre, et le SIVOS finira par fermer… et nous continueront de payer un bâtiment vide. Quel beau gâchis. Quand il aurait été plus pertinent de rassembler tous les élèves à Seurre (à 5 km, c’est pas le bout du monde), ce qui aurait permis de conserver les classes et permis de stabiliser les professeurs. Du côté citoyen nous n’aurions eu qu’à payer les transports scolaires mutualisés. Bref, nous aurions fait de belles économies.

Pourtant, partout, le phénomène se reproduit : chacun veut son école. Et les élus redoublent de dépenses inutiles. Il en a été ainsi à Labergement-Les-Seurre où la Maire, un certain Fleury, se plaint des dépenses importantes (7500 euros d’informatique) qui n’ont rien résolu. les classes ferment inexorablement.

Labergement Lès Seurre – Conseil municipal du 06-07-2017 -Fermeture d’une maternelle

Les SIVOS mal en point contactent par exemple Labergement Lès Seurre pour mutualiser leurs écoles. Cependant, alors que les classes vont fermer à Labergement, il n’est pas question de rejoindre le SIVOS. Ce qui serait pourtant de la pure « bonne raison », n’arrivera pas.

Labergement Lès Seurre – Conseil municipal du 08 mars 2018 – Refus de mutualiser avec le SIVOS

Alors, comme le Président de la République l’aurait affirmé, nos élus locaux sont-ils incompétents ? Je ne sais pas, en tout cas, prodigues avec l’argent des autres, certainement. Il y a là une vraie violence ressentie par chaque citoyen, à qui on demande de payer ces gabegies de quelques-uns, qui pour des raisons personnelles souvent, ne peuvent s’entendre. Les conflits agricoles des campagnes, souvent ancestraux, gangrènent les décisions des conseils municipaux.

Et pendant ce temps, le contribuable pigeon paie et ronge son frein.